Les murailles de Gérone forment l'enceinte qui protège la vieille ville de Girona depuis l'époque romaine : un mur de pierre long de plusieurs centaines de mètres, jalonné de tours, sur lequel on marche aujourd'hui librement par le Passeig de la Muralla, avec une vue imprenable sur la cathédrale, le Barri Vell et la plaine de l'Onyar.
La muraille en quatre repères
- Où monter
- Au sud par les Jardins de la Muralla, près de la Plaça de Catalunya, ou au nord par les jardins proches de Sant Pere de Galligants.
- Durée
- Une à deux heures à pied selon les arrêts, avec beaucoup de marches.
- Ce que l'on voit
- Les toits du centre historique, la Catedral de Girona, la basilique de Sant Feliu et, par temps clair, les Pyrénées.
- Ce que l'on lit dans la pierre
- Des blocs romains, des tours carolingiennes et médiévales, les cicatrices des sièges du XIXe siècle.

Que sont les murailles de Gérone et où se trouvent-elles ?
Les murailles de Gérone sont les remparts qui entourent le Barri Vell, le vieux quartier de la ville, sur sa rive droite de l'Onyar. Le tracé conservé court surtout à l'est du centre historique, sur les pentes de la colline où les Romains avaient installé la cité de Gerunda. Côté ouest, vers la rivière, l'enceinte a presque disparu : la ville l'a démolie pour s'étendre, et seuls quelques fragments subsistent entre les façades.
Pour le visiteur, la muraille de Girona n'est pas un monument que l'on regarde de loin, c'est un chemin. Le chemin de ronde a été restauré et relie entre elles les tours, les portes et plusieurs jardins publics. On marche au sommet du mur, on passe sous des arcs, on grimpe dans des tours pour atteindre des terrasses. Les panneaux en anglais parlent de Girona City Walls, les panneaux catalans de muralles : il s'agit du même site.
Les remparts comptent parmi les attractions majeures de Girona pour le tourisme culturel, au même titre que la cathédrale. Le site se parcourt grâce à des escaliers d'accès répartis tout au long du tracé, ce qui le rend pratique pour une visite courte entre deux autres activités.
La ville tient dans un périmètre réduit : depuis la gare ou la Plaça de la Independència, côté Mercadal, une quinzaine de minutes à pied suffisent pour rejoindre le pied des remparts en traversant l'Onyar. Le lien entre la muraille et le reste de la cité se comprend mieux en lisant d'abord la présentation de Girona et de ses quartiers, avant de monter.
Le Passeig de la Muralla, une balade historique au-dessus des toits
Le Passeig de la Muralla est la promenade aménagée sur les murailles de Gérone, du sud du Barri Vell jusqu'au secteur de Sant Pere de Galligants au nord. Le parcours suit le sommet du mur sur la plus grande partie de sa longueur, avec des descentes vers les rues du centre historique à plusieurs endroits, ce qui permet de faire seulement un tronçon.
Le départ le plus courant se trouve dans les Jardins de la Muralla, au pied du rempart, près de la Plaça de Catalunya. Le premier escalier est raide, puis le chemin longe la ville haute en offrant des vues plongeantes sur les ruelles et les clochers. Plus haut, on traverse le secteur de l'université installée dans l'ancien couvent de Sant Domènec, puis les jardins qui entourent les tours du nord.
La balade historique se termine en descendant vers le monastère de Sant Pere de Galligants et le Passeig Arqueològic, d'où l'on regarde la cathédrale par-dessus les remparts. Ce monastère roman abrite l'antenne de Gérone du musée d'archéologie de Catalogne : la visite du musée d'archéologie installé à Sant Pere de Galligants prolonge bien la promenade, puisqu'il expose des objets trouvés dans la cité romaine.
Le sens sud vers nord a un avantage : la fin de la marche débouche sur le quartier de la cathédrale et sur le Call, au lieu de vous laisser au bord du boulevard, près des voitures.
Les points de vue panoramiques à ne pas manquer
Les murailles de Gérone doivent leur succès aux vues qu'elles offrent, bien plus qu'à leur hauteur. Plusieurs tours possèdent une plateforme accessible par un escalier intérieur étroit, d'où le regard porte sur toute la ville.
- Les tours du sud, juste après les Jardins de la Muralla : premier panorama sur les toits de tuiles du Barri Vell et sur le quartier del Mercadal, de l'autre côté de l'Onyar.
- Le secteur de Sant Domènec : la façade du couvent et les bâtiments universitaires vus d'en haut, avec la vallée en arrière-plan.
- La tour Gironella et ses abords, au point le plus élevé de l'enceinte : la vue la plus large, vers les collines de Montjuïc et, par temps clair, les sommets des Pyrénées.
- Les jardins au nord (Jardins dels Alemanys, Jardins de la Francesa) : la Catedral de Girona apparaît de profil, avec son escalier et son clocher, et la basilique de Sant Feliu (Saint-Félix) juste en contrebas.
- Le flanc de la vallée de Sant Daniel, au nord-est : un coin de nature, entre potagers et pentes boisées, à quelques minutes des toits de la ville.
Les photographes préfèrent la fin de journée, quand la lumière rasante colore la pierre ocre de la vieille ville. Le matin, le soleil se trouve dans le dos du marcheur sur la partie est, ce qui convient aussi aux vues vers l'ouest.
Deux mille ans d'histoire dans la pierre
L'histoire des murailles de Gérone commence au Ier siècle avant notre ère, quand les Romains fortifient Gerunda, une étape de la Via Augusta, la grande voie qui reliait l'Italie à la péninsule Ibérique. La muraille romaine suivait le sommet de la colline et protégeait une ville de petite taille, à l'emplacement actuel du quartier de la cathédrale.
Des vestiges de ce premier mur restent visibles. Le plus connu se trouve près de la porte Rufina, au nord de la Plaça de Sant Domènec, où l'on reconnaît les gros blocs de pierre posés sans mortier, à la base de constructions plus récentes. Le Portal de Sobreportes, à côté de l'escalier de la cathédrale, garde lui aussi des assises antiques sous ses parties médiévales.
La frontière carolingienne
Au IXe et au Xe siècle, la cité se trouve à la frontière entre le monde franc et al-Andalus. Gérone passe sous l'autorité des Francs à la fin du VIIIe siècle et devient un verrou face aux armées venues du sud. Les Carolingiens renforcent alors l'enceinte : ils doublent le mur sur certaines sections et ajoutent des tours, dont les traces se lisent encore dans les changements d'appareil de la maçonnerie.
L'agrandissement médiéval
Aux XIVe et XVe siècles, la ville grandit au-delà de son noyau romain. Une nouvelle enceinte englobe les faubourgs, puis franchit l'Onyar pour protéger le quartier del Mercadal sur l'autre rive. De nouvelles tours renforcent la défense, comme celle que l'on trouve dans la Plaça del Lleó. C'est ce tracé médiéval, plus long que le mur romain, que suit en grande partie le chemin de ronde actuel.
Sièges, démolitions et restauration
Girona est restée une place forte pendant des siècles et a subi de nombreux sièges, dont celui de 1809, quand la ville résiste pendant des mois aux troupes napoléoniennes avant de capituler. Au XIXe siècle, les remparts perdent leur rôle militaire. Comme Barcelone et beaucoup d'autres villes, Gérone abat alors une partie de son enceinte, surtout à l'ouest, pour s'ouvrir vers la plaine. Le tronçon est, accroché à la colline, échappe à la démolition. La municipalité l'a restauré à la fin du XXe siècle pour en faire la promenade que l'on parcourt aujourd'hui.
Sur le front nord, des bastions construits à l'époque moderne pour l'artillerie complètent le dispositif. Leurs angles saillants se distinguent nettement des tours plus anciennes, et ces nouveaux ouvrages montrent comment la défense de la ville s'est adaptée aux canons.
| Période | Bâtisseurs | Ce qu'il en reste à voir |
|---|---|---|
| Ier siècle av. J.-C. | Romains (Gerunda) | Gros blocs près de la porte Rufina et à la base du Portal de Sobreportes |
| IXe et Xe siècles | Carolingiens | Mur doublé sur certaines sections, tours ajoutées |
| XIVe et XVe siècles | Ville médiévale | Le tracé du Passeig de la Muralla, la tour de la Plaça del Lleó |
| XIXe et XXe siècles | Démolition puis restauration | Disparition du front ouest, chemin de ronde restauré à l'est |
Préparer sa visite : accès, durée et itinéraire
La visite des murailles de Gérone se fait librement, sans billet : le Passeig de la Muralla est un espace public de la ville, ouvert en journée et fermé la nuit. Les horaires d'ouverture changent avec les saisons et sont affichés aux entrées ; la mairie de Girona les publie sur son site officiel, à consulter avant de partir, surtout en hiver où l'accès ferme plus tôt.
Aucun ticket n'est donc à prévoir ni à réserver à l'avance. L'office de tourisme, sur la Rambla de la Llibertat, renseigne sur l'horaire du moment et sur la météo, qui décide souvent de la meilleure heure pour parcourir les remparts.
L'itinéraire complet demande une à deux heures, selon le nombre de tours où l'on monte et les pauses photo. Le chemin n'a rien de technique, mais il enchaîne des escaliers étroits, parfois sans rampe, et des passages où deux personnes se croisent difficilement. Une condition physique moyenne suffit ; en revanche, le parcours ne convient ni aux fauteuils roulants ni aux poussettes.
Le mur offre peu d'ombre. En été, mieux vaut partir tôt ou en fin d'après-midi, avec de l'eau et de bonnes chaussures, car les pierres polies glissent un peu. Les jours de vent du nord, la tramontane souffle fort sur les parties les plus hautes.
Pour s'orienter, une carte papier de l'office de tourisme ou une carte interactive sur téléphone aide à repérer les sorties intermédiaires vers les rues de la vieille ville. Plusieurs agences proposent aussi une visite guidée du centre historique qui inclut un passage sur les remparts ; un guide officiel apporte surtout la lecture des différentes couches de maçonnerie, difficile à faire seul.
Venir à Girona pour marcher sur les remparts
Girona se rejoint facilement depuis le reste de la Costa Brava et depuis Barcelone. La gare est desservie par les trains régionaux et par la ligne à grande vitesse vers Barcelone et la France ; l'aéroport de Girona-Costa Brava se trouve à une douzaine de kilomètres au sud de la ville. Depuis les stations balnéaires comme Lloret de Mar, Tossa ou Palafrugell, des cars relient la gare routière, voisine de la gare ferroviaire.
Girona est une destination de la Costa Brava qui se visite toute l'année, loin du rythme balnéaire. Beaucoup de voyageurs l'associent dans la même journée à Figueres et au Théâtre-Musée Dalí, accessible en train vers le nord ; les amateurs de Dalí poursuivent parfois jusqu'à Cadaqués et la maison de Portlligat.
En voiture, les parkings du centre se remplissent vite les jours de marché et pendant les fêtes. Le stationnement le plus simple se trouve dans les parkings souterrains de la rive gauche, côté Mercadal, d'où l'on gagne le Barri Vell par l'un des ponts sur l'Onyar. Le quartier ancien lui-même se parcourt à pied : ses rues en pente et ses escaliers n'acceptent presque pas de circulation.
Pendant la fête Temps de Flors, au mois de mai, la ville décore cours, jardins et monuments de compositions florales. Certains tronçons de la muraille et les jardins qui la bordent font alors partie du parcours, avec une affluence bien plus forte qu'à l'ordinaire.
Que faire autour des murailles dans le vieux quartier ?
Les murailles de Gérone servent de fil conducteur à la découverte du Barri Vell, car presque tous ses monuments se trouvent à quelques minutes du chemin de ronde. En descendant par le nord, on arrive au pied du grand escalier baroque de la cathédrale ; la page consacrée à la cathédrale Santa Maria et sa nef gothique détaille sa visite, son cloître et son trésor.
Juste à côté, les Banys Àrabs, des bains médiévaux inspirés des thermes romains, et la basilique de Sant Feliu complètent la boucle. Plus au sud, sous la partie haute de la muraille, s'étend le quartier juif, l'un des mieux conservés d'Europe, avec ses ruelles couvertes et son centre d'interprétation. Pour comprendre ce quartier, la présentation du Call et de son musée d'histoire des Juifs donne les repères essentiels.
Le soir, la Rambla de la Llibertat et les maisons colorées de l'Onyar prennent le relais. Vues depuis les ponts, elles se détachent sur la silhouette des tours, ce qui permet de regarder une dernière fois la muraille, cette fois d'en bas.
Les restaurants et les terrasses sous les arcades de la Plaça de la Independència restent animés tard dans la nuit. Pour un circuit culture plus complet, le musée d'Histoire de la ville, le musée d'Art et le musée du Cinéma se trouvent dans le Barri Vell ou à ses abords, et chacun occupe facilement une heure.
Remparts de Gérone : ce que l'on demande avant de monter
Faut-il payer pour marcher sur les murailles de Gérone ?
Non, l'accès au Passeig de la Muralla ne demande aucun billet. Seules les visites guidées organisées par des agences ou par l'office de tourisme se réservent à part.
Combien de temps faut-il pour faire le tour des murailles ?
Comptez une à deux heures pour l'itinéraire complet, du sud du Barri Vell jusqu'à Sant Pere de Galligants, en montant dans les principales tours.
Par où commencer la promenade sur la muraille ?
Le départ le plus pratique se trouve dans les Jardins de la Muralla, près de la Plaça de Catalunya, au sud du vieux quartier ; la promenade se termine alors près de la cathédrale.
La promenade convient-elle aux enfants ?
Les enfants qui marchent bien apprécient les tours et les passages étroits, mais les escaliers sans rampe demandent une surveillance constante, et les poussettes ne passent pas.




